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Exposons

Exposons

Strasbourg

31 janvier 2020

 

Exposition CHEN Limin

Université Populaire Européenne Site Strasbourg

3 Avenue d’Alsace 67000 Strasbourg

 

03/02-02/03 2020

 

 

Vie silencieuse

 

« La contemplation, nul but à atteindre

La sagesse, rien à quoi se raccrocher. »

Wang Wei. Texte d’une stèle à la mémoire du Hui Neng

 

 

Grâce à Victor Ségalen (Stèles et tout le cycle chinois), à Paul Claudel ( Connaissance de l’Est et cent phrases pour éventail ), à Roland Barthes ( L’Empire des Signes ), grâce à Etiemble et bien d’autres j’ai depuis longtemps le goût de l’Extrême-Orient. Amateur de poésie chinoise, lecteur assidu de Wang Wei, Li Po, Tu Fu, compagnon de pensée de Confucius, Meng Zi, Xun Zi, et des taoïstes Lao Tseu, Tchang Tseu, Lie Tseu j’apprécie également la peinture et la calligraphie issues du Bouddhisme ch’an ( qui donnera le Zen japonais ). Pour toutes ces raisons je me suis immédiatement trouvé en terrain familier en m’immergeant dans les travaux de Chen Limin : 14 aquarelles et 2 pastels couvrant la période 2015 - 2018.

 

Ainsi l’artiste chinoise vivant, travaillant à Strasbourg et qui enseigne à l’Université populaire nous propose-t-elle une invitation au voyage intérieur, un éloge de lenteur et du silence qui favorisent la contemplation méditative grâce à des images sincères et humbles. L’aquarelle et le pastel se prêtant à merveille à ce cheminement pour accéder « au plein du vide » comme le préconise Wang Wei . Chen Limin nous invite à sa propre expérience en nous éveillant à notre nature véritable, originelle, à celle de l’univers où elle partage avec nous une intense sensation de liberté.

 

Elle compose sur papier de véritables poèmes picturaux d’où émane une musique douce et sereine. Pour elle comme pour Héraclite « rien n’est figé, tout bouge ». Réaliser que tout est vide, c’est comprendre que, puisque tout échappe à notre désir de saisir et de retenir, il n’y a aucune vérité à laquelle tenir donc la seule issue c’est s’accrocher au cours mouvant des choses: c’est cela la réalisation de la grande plénitude du vide.

 

Pour ce faire elle convoque les quatre éléments, les cinq sens, les quatre saisons et les quatre règnes pour scruter l’apparence, la peau des êtres et des choses pour éprouver le grain des surfaces, peut-être pour rêver ce qu’il y a derrière pour réduire douleur de la mémoire et de l’exil.

 

Les titres des oeuvres peuvent paraître paradoxaux pour un oeil occidental; en effet ils soulignent souvent un élément minime ( mais nom mineur ) de la pièce: Nappe III et IV insistent sur le torchon de cuisine strié plutôt sur les vases, pots et cruches, l’Escargot prévaut sur beaux végétaux, Alerte rend hommage à la mante religieuse plutôt qu’au bel artichaut, les guêpes dominent les clémentines et les citrouilles… Chen Limin exalte les blancs, les vides audacieux. Ne flottent autour des objets choisis que les

monogrammes ( nom- atelier ). Les vides non peints sont comme les silences en musique : ils subliment les parties peintes comme les notes. Debussy écrivait: « jour après jour, je persiste à créer du rien ». Ainsi sont sublimés les leurres, les galets, les pâtissons, les physalis et autre jacinthe en pot…

 

Frugale et respectueuse de la nature, Limin peint comme elle vit et vit comme elle peint.

 

 

Francis Meyer

Janvier 2020

CHEN Limin

Artiste peintre et graveur, enseigne la peinture chinoise à l’ Université Populaire Européenne Site Strasbourg.

Diplômé de La Haute école des arts du Rhin (HEAR) en Art en 2007.

Elle expose régulièrement en France et en Chine.

Contact: climin2013@gmail.com

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